Soutenance de thèse de Robin Leclerc

Soutenance de thèse de Robin Leclerc : « Gouverner le carbone des sols. Une enquête à l’interface entre comptabilité et instruments d’action publique »

12 février 2026

Site INRAE de Grenoble Saint-Martin d'Hères - 2, rue de la Papeterie - 38402 Saint-Martin-d'Hères

Robin Leclerc, doctorant au LESSEM sous la direction de Céline Granjou soutiendra sa thèse le jeudi 12 février 2026 à 9h en salle Écrins. Celle-ci s’intitule « Gouverner le carbone des sols. Une enquête à l’interface entre comptabilité et instruments d’action publique ».

Résumé

Dans la lutte contre le dérèglement climatique, l’utilisation des puits de carbone est l’objet de nombreuses promesses, controverses et simplifications. L’arbre en est l’exemple emblématique, lui dont la capacité à stocker du carbone en a fait une véritable coqueluche de l’action des Etats et des entreprises. Plus discrets, mais tout aussi significatifs dans le cycle global du carbone, les sols émergent depuis une dizaine d’années comme une nouvelle promesse de solution. Avec l’initiative 4p1000, la France a mis sur le devant de la scène ce potentiel, en visant plus particulièrement les sols agricoles.

L’ambition de ce travail de recherche est de mettre à jour les dynamiques sociales et politiques qui participent à construire le carbone des sols comme un objet de gouvernement. Prenant le cas français pour terrain, nous suivons le carbone des sols dans les politiques françaises, depuis ses premières mentions dans les grandes stratégies climatiques jusqu’aux tableurs qui équipent aujourd’hui des opérateurs de politiques publiques et leur donnent à voir le carbone sous leurs pieds. En prêtant une attention particulière au développement d’une infrastructure de comptabilité du carbone des sols, nous montrons que trois grandes tensions structurent l’institutionnalisation du carbone des sols dans l’action publique : une tension autour de l’appartenance sectorielle, une tension autour du rôle de l’agriculture dans la lutte contre le dérèglement climatique, et une tension autour de l’instrumentation dans l’action publique.

Notre analyse se fonde sur une méthodologie qualitative nourrie par la réalisation d’une cinquantaine d’entretiens menés auprès d’un public varié : administratifs, collectivités, agriculteurs ou consultants. Des observations, ainsi que des documents officiels, complémentent les entretiens. Pris ensemble, ces matériaux nous permettent de suivre la circulation des données, outils et standards qui servent de fondement scientifique à l’action publique.