Soutenance de thèse de Anne-Lyse Murro

Soutenance de thèse de Anne-Lyse Murro

28 mai 2026

Site INRAE de Grenoble Saint-Martin d'Hères - 2, rue de la Papeterie - 38402 Saint-Martin-d'Hères

Anne-Lyse Murro, doctorante au LESSEM sous la direction de Renaud Jaunatre et co-encadrée par Emilie Crouzat et Géogory Loucougaray, soutiendra sa thèse le jeudi 28 mai 2026 à 14h en salle Ecrins. Celle-ci s’intitule « Quel rôle des végétations fourragères pour la résilience des systèmes ovins transhumants face au changement climatique ? Une approche multi-échelle de la communauté végétale au socio-écosystème ».

Résumé de la thèse :

Cette thèse étudie comment la diversité et les propriétés des végétations peuvent contribuer à la résilience des exploitations agro-pastorales ovines des Alpes françaises face au changement climatique. Ces systèmes, fondés sur la mobilisation d’une grande diversité de ressources fourragères et sur différentes formes de mobilité des troupeaux, voient leur fonctionnement questionné par les modifications des dynamiques végétales dans un contexte de variabilité climatique accrue. Le travail s’appuie sur douze exploitations ovines transhumantes. Il s’inscrit dans le cadre de la résilience, appliqué de manière originale aux différentes échelles du système – de la parcelle au socio-écosystème. L’innovation réside dans l’extension des outils de l’écologie fonctionnelle – classiquement appliqués à l’échelle des communautés végétales – au parcellaire. La démarche combine relevés floristiques, cartographie et entretiens auprès des éleveurs afin d’analyser les propriétés des végétations et leur mobilisation effective. Appliquée aux systèmes transhumants, cette démarche vise à replacer la végétation au cœur de l’analyse de la résilience à travers un cadre méthodologique intégratif. Le premier chapitre utilise les principes de l’écologie fonctionnelle à l’échelle de la parcelle pour évaluer, à partir de la composition floristique et des traits fonctionnels des espèces, des propriétés en lien avec le potentiel de résilience et des propriétés agroécologiques des types de végétation mobilisés. Ainsi, des indices agronomiques, écologiques et de potentiel de résilience renseignant sur ces propriétés ont été calculés. Les résultats montrent l’existence de compromis ou de synergies entre ces propriétés et soulignent qu’il existe plusieurs formes de potentiel de résilience des végétations face au changement climatique. Le deuxième chapitre combine ces propriétés à l’échelle du parcellaire pour évaluer le potentiel de stabilité de la disponibilité fourragère dans un contexte de changement climatique. Le gradient altitudinal de transhumance apparaît comme un facteur clé de stabilité, notamment par la diversification des types de végétation. Les stratégies varient selon les exploitations : il n’existe pas une seule manière d’assurer la stabilité, mais plusieurs combinaisons qui varient selon les types de mobilité. Le troisième chapitre explore, à travers des entretiens avec onze de ces éleveurs, les manières dont ils s’appuient sur leurs végétations. Le cadre théorique mobilisé repose sur les sept principes conférant de la résilience aux socio-écosystèmes proposés par Biggs et al., (2012). Les résultats montrent que tous les éleveurs mobilisent ces principes, mais de manière différenciée selon les caractéristiques de leur exploitation : les grands transhumants privilégient la complémentarité entre végétations d’exploitation et d’alpage, tandis que les petits misent davantage sur la diversité floristique et l’apprentissage. Le quatrième chapitre adopte une approche exploratoire visant à articuler les différentes échelles pour examiner si les propriétés de résilience identifiées sont effectivement mobilisées et cohérentes avec les principes de résilience des socio-écosystèmes. La confrontation des calendriers de disponibilité et usages effectifs des végétations a permis d’identifier les fonctions ainsi que des leviers potentiels de résilience des végétations liés à leur organisation et à leur usage. Une discussion générale aborde la contribution des résultats aux connaissances scientifiques, ouvre des perspectives à la fois académiques et opérationnelles et propose des pistes pour la conception de politiques publiques. Globalement, la thèse montre qu’il n’existe pas de modèle unique de résilience face au changement climatique : en replaçant la végétation et la mobilité des troupeaux au cœur de l’analyse, la résilience repose sur des compromis et des stratégies multiples selon les contextes écologiques, spatiaux et sociaux des exploitations.

Composition du jury :

Cette thèse a été dirigée par Renaud JAUNATRE et co-encadrée par Emilie CROUZAT et Gregory LOUCOUGARAY et sera soutenue devant un jury composé de :

M. MASSIMILIANO PROBO 

SENIOR SCIENTIST 

AGROSCOPE 

Rapporteur

M. GILLES  BRUNSCHWIG 

PROFESSEUR EMERITE 

VETAGROSUP 

Rapporteur

Mme SANDRA  LAVOREL 

DIRECTRICE DE RECHERCHE 

CNRS DELEGATION ALPES 

Examinatrice

Mme AMANDINE  LURETTE 

CHARGEE DE RECHERCHE 

INRAE CENTRE OCCITANIE- MONTPELLIER 

Examinatrice

M. THIERRY DUTOIT 

DIRECTEUR DE RECHERCHE 

CNRS DELEGATION PROVENCE ET CORSE 

Examinateur

M. BERTRAND  DUMONT 

DIRECTEUR DE RECHERCHE 

INRAE CLERMONT- AUVERGNE-RHONE- ALPES 

Examinateur